INFOS - Actualités de la LCR87
 
 
 Voici leur tract, qui appelle à la mobilisation, en posant des questions politiques importantes...
“Depuis décembre, la TCL a mis en place une coûteuse campagne de communication pour préparer les usagers du bus à la grande opération de la « montée par l'avant ». Selon les brochures, il s'agirait d' « améliorer le confort et la quiétude de vos voyages », de « la sensation de sérénité et de bien-être à bord », de « renforcer la proximité entre vous et le conducteur-receveur, d'améliorer le sentiment de sécurité à bord de nos véhicules tout en luttant de manière efficace contre les incivilités ». Cette mesure « plus égalitaire » devrait aussi « rendre la circulation dans le bus plus fluide ».
Constat après deux semaines de mise en pratique : en guise de confort et de fluidité, on se retrouve entassé dans l'embouteillage de la porte avant. En guise de sérénité, on se sent surveillé dès la montée par les agents oranges qui contrôlent la validation. En guise d'incivilité, on se fait agresser dès qu'on ne composte pas ostensiblement.. En guise d'égalité, on se retrouve tous égaux devant le contrôle accru mais pas devant la
possibilité de payer le ticket : t'es pauvre, tu descends.  Finalement, la montée par l'avant aura surtout été pour la TCL une opération de lutte contre la fraude, de création d'un système de délation très organisé (les agents oranges sont eux- mêmes contrôlés et virés au besoin, comme déjà 15 des moins zélés d'entre eux), et un prétexte à l'introduction de la
logique d'entreprise : les usagers sont désormais des « clients », la notion de service public passe aux oubliettes, et l'intérim est le principal mode d'embauche.
 L'argent dépensé dans cette campagne n'aurait-il pas pu servir un autre projet ?  Le bus gratuit, c'est possible, c'est sympa et ça ne coûte cher à personne.
 C'est sympa parce qu'imaginer un bus sans billetterie, c'est imaginer un service public du déplacement ouvert à tous, une alternative conviviale et écologique au chacun-dans-sa-bagnole. C'est défendre en pratique l'idée que chacun a le droit de se déplacer quand il veut, où il veut, et quel que soit son budget.  Et surtout, c'est possible. On ignore souvent que l'argent dépensé par les usagers ne couvre qu'un faible pourcentage du coût
du transport. En gros, si on ne payait pas les bus, ils n'auraient plus les moyens de financer l'existence d'une billetterie...sans pour autant s'arrêter de rouler. A Chateauroux, Blagnac ou Issy-les-Moulineaux, pour ne citer que quelques exemples, la gratuité des transports en commun est déjà mise en pratique depuis plusieurs années.
Et ce, sans autre mesure d'adaptation que de bénignes réorientations budgétaires.  Mais alors, pourquoi payer? S'il ne s'agit que de quelques mesures innocentes, quelle étrange force pousse nos gestionnaires à défendre le bus marchand? On pourrait presque croire qu'il y a là une volonté sous-jacente de nous habituer à payer pour tout, ou de mettre à la porte ceux qui n'ont pas les moyens de payer le bus, toutes ces populations pauvres et mal élevées visées par les lutte contre les « incivilités »...
 Ainsi, le transport payant est avant tout une affaire politique. Et c'est contre cette conception sinistre du vivre-ensemble que nous sommes prêts à frauder plutôt qu'à travailler ou payer pour l'exclusion de ceux qui fraudent, prêts à désobéir plutôt qu'à se laisser mener.
 A ceux qui sont choqués par cette campagne dégueulasse...à ceux qui ont dû reprendre la
marche à pied à cause d'elle...à ceux qui veulent faire reculer la marchandisation de tous les recoins de notre existence...aux travailleurs qui ont vu s'ajouter à leur mission l'obligation de prendre part à la délation organisée...
Allons de l'avant...
LE BUS
PAYEZ-LE OU QUITTEZ-LE
RENDEZ-VOUS LE 19 FEVRIER DANS TOUS LES BUS.
DESOBEISSONS. MONTONS PAR L'ARRIERE, REFUSONS LE CONTROLE.
RENDONS-NOUS EN BUS GRATUIT A 19H AU DEPOT DE LA TCL.
---RENCONTRONS-NOUS---”
 
 
mercredi 14 février 2007
19 février : des étudiants à l’initiative d’une mobilisation originale pour la gratuité de la TCL