À entendre le ministre de la Fonction publique, Christian Jacob, les fonctionnaires devraient s’estimer heureux d’avoir bénéficié du 0,3 % supplémentaire qu’il a accordé à la mi-janvier, ce qui fera en tout une augmentation de 0,8 % au 1er février. L’État, selon le gouvernement, ne pourrait pas faire davantage. Et au même moment, on apprend que le patronat a touché, pour la seule année 2005, 65 milliards d’euros de subventions sous des formes diverses, dont 90% versés par l’Etat, soit 57 milliards.
Assez de cadeaux au patronat
C’est au nom de la prétendue nécessité de réduire la dette publique qu’on voudrait faire accepter les milliers de suppressions de postes, pourtant utiles à la population, dans les établissements scolaires, les hôpitaux, les administrations. Mais si la dette s’est alourdie, au point de dépasser aujourd’hui les 1 000 milliards d’euros, c’est parce que l’argent public est déversé à flots depuis des années dans les poches du patronat. Pour permettre la création d’emplois, nous serine-t-on. Mais cela fait des années aussi que des entreprises licencient des centaines, voire des milliers de salariés, après avoir empoché les subventions de l’État, des collectivités territoriales ou de l’Union européenne. C'est pour exiger que soit mis un terme à cette politique de la droite et du Medef, contraire aux intérêts de toute la population, que les fonctionnaires manifesteront le 8.
Soyons nous mêmes nos porte-parole
Sarkozy prétend parler au nom de « la France qui travaille, qui se lève tôt », alors qu'il défend les intérêts de ceux qui font de l'argent en dormant. Il se présente en porte-parole des travailleurs pour mieux tenir le langage méprisant du paternalisme des patrons du 19ème siècle et voudrait parler au nom de ceux « qui se sont sentis trahis par la gauche » ! Si la gauche a trahi ses propres idées, c'est bien parce qu'elle a capitulé devant cette droite pour défendre l'économie de marché et de libre concurrence, pour se plier aux impératifs de rentabilité financière.
Face à ce porte-parole de l’arrogance patronale, des privilèges et de la richesse, les travailleurs ont à faire entendre eux-mêmes leur mécontentement, leurs exigences comme ont su le faire les SDF, par leurs luttes. Oui, il faut que les travailleurs s'invitent eux-mêmes dans la campagne électorale pour répondre au Medef et à ses porte-parole avec leurs propres armes, celle des luttes.
Contre le Medef, le camp des travailleurs
C'est le sens du 8 février. Alors que Sarkozy, Bayrou ou Royal essaient d'attirer les votes des enseignants par des discours creux, ces derniers seront dans la rue, avec les fonctionnaires, pour dire qu'ils ne sont pas dupes des boniments et qu'ils veulent des engagements concrets, immédiats.
Le succès de la journée du 8 est nécessaire pour l'ensemble des salariés qui veulent faire entendre leur mécontentement et leur opposition à une politique de régression sociale soumise aux seuls intérêts des possédants.
Contre le Medef qui voudrait monopoliser le débat politique, le moment est venu que les travailleurs interviennent pour défendre l’exigence d’une autre répartition des richesses et apporter une réponse cinglante à Sarkozy et à Parisot, la réponse de « la France qui travaille, qui se lève tôt ».
A Limoges, rendez-vous à 10 heures place de la République !