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J-C BESSON-GIRARD ,artiste-peintre et écrivain, directeur d’ENTROPIA nouvelle revue d’étude théorique et politique de la décroissance est invité, pour en débattre, par le Cercle Gramsci, le jeudi 3 mai 2007 à 20h30 salle Blanqui 3 derrière la Mairie de Limoges
 
Extrait d’un entretien accordé au journal Libération, le 24/25 février 2007

Libération : Vous êtes directeur de la publication de la première revue d'étude théorique et politique de la décroissance. Pouvez-vous expliquer ce qu'est la décroissance ?
Jean-Claude Besson-Girard : La décroissance est d'abord une expression provocante. Elle fait parler. Elle s'oppose directement au dogme quasi religieux de la croissance. Mais, pour commencer à comprendre le sens de cette provocation, il faut aussitôt affirmer que la décroissance n'est pas une idée économique mais relève d'une représentation du monde où l'économie n'aurait plus le dernier mot. Il s'agit de passer d'une société de croissance à une société de décroissance. Pourquoi ? Parce nous pensons que le mythe de la croissance sans limites sur une planète aux ressources limitées est responsable, selon nous, des cinq crises majeures que rencontre l'humanité. La crise énergétique liée à l'épuisement et au renchérissement des ressources fossiles et au consumérisme exponentiel. La crise climatique, parallèle à la réduction de la biodiversité, à la privatisation du vivant et des ressources naturelles. La crise sociale, inhérente au mode capitalise de production et de croissance, exacerbée par la mondialisation libérale génératrice d'exclusions au Nord et plus encore au Sud. La crise culturelle des repères et des valeurs, dont les conséquences psychologiques et sociétales sont visibles en tout domaine. La crise démographique enfin et qui, se choquant aux quatre précédentes, contribue à rajouter un paramètre complexe à ce qui constitue désormais une crise anthropologique sans précédent.

Libération : La décroissance s'est incontestablement posée en contradiction avec le développement durable. Pourquoi ?
J-C B-G : En effet, si la société de croissance n'est pas soutenable, le " développement durable " est bien un gadget à ranger sur le rayon des tartes à la crème. Ce n'est pas l'adjectif " urable " ou " soutenable " qui est en cause, mais la notion même de développement. C'est, évidemment, sur ce point que la notion de décroissance est extrêmement choquante puisqu'elle sous-entend qu'il y aurait un " au-delà du développement ", idée quasiment impensable qui remet en question tout l'imaginaire occidental fondé sur une croyance aveugle dans le mythe du progrès, depuis plus de deux siècles.
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à faire un tour sur : http://www.cerclegramsci.org/
jeudi 26 avril 2007
En débat le 3 mai au “Cercle Gramsci” : la question de la décroissance.