Jeudi soir 30 novembre, 20h, salle du Temps Libre à Limoges : 160 personnes environ, soit deux fois plus qu’aux réunions précédentes. Signe d’une dynamique ? Peut-être ? Signe surtout qu’il y avait dans cette réunion un enjeu : celui de pré-désigner le candidat unitaire, avec débat et vote indicatif sur 3 noms. La composition de la salle était moins surprenante : les 3/4 de militants ou très proches du PCF, quelques membres de l’ADS,une dizaine de militants LCR, quelques syndicalistes (assez peu) de la FSU et de la CGT, une poignée d’altermondialistes. S’y ajoutaient quelques citoyens antilibéraux, intéressés par la démarche commune et quelques jeunes, essentiellement militants politiques (JC ou Groupe Jeunes Ligue). Dans l’ensemble, le public était âgé.
Le débat s’est déroulé en deux temps. Tout d’abord, avec un point sur le programme, dont chacun a souligné l’ampleur et la richesse, en pointant l’importance de la réforme fiscale proposée. Seul bémol, souligné par un militant de la Ligue et repris par des altermondialistes, le lien entre progrès et recherche de croissance : cela correspond à un vieux fond culturel de la gauche française, mais qui devient de plus en plus difficilement tenable dans un monde fini. Pas de réponse, pour l’instant sur ce point.
Deuxième temps de la réunion, celui du débat sur les candidatures unitaires. Le beau consensus s’est rapidement brisé. Pour deux raisons. La première est la volonté d’un certain nombre de militants du PCF de faire le forcing pour imposer Marie-George Buffet (voir courrier de J. Bové, article du Monde du 1er décembre 2006 qui développe également cet aspect des choses au plan national, interdiction par le PC du compte rendu de la réunion unitaire du collectif national qui montre le rejet par la plupart des autres composantes de Marie-George comme candidate unitaire, interdiction de la pétition lancée par certains militants de collectifs unitaires sur la page d’accueil du site puisqu’elle demandait une candidature vraiment unitaire...) ce qui, rappelons-le encore une fois, assimilerait les collectifs à de simples courroies de transmission à peine déguisées du PCF. D’où l’intérêt d’ailleurs, dans les discours grand public, de rejeter la “faute” de la division sur la seule LCR...
Une seconde divergence a été pointée par la LCR. Tout en soulignant qu’il ne pouvait y avoir de candidature unitaire rassembleuse et ambitieuse qu’en maintenant uni un arc de force qui intègre à la fois la LCR et le PCF, la Ligue a rappelé la nécessité de la clarification avec un PS qui poursuivait dans la voie libérale, ce qui a déclenché brouhaha et protestations chez certains militants PC et ADS. La même sempiternelle non-réponse ayant été faite : “on s’adresse aux électeurs socialistes du non”... ce qui ne clarifie en rien le rapport que le PCF aura avec le PS !Personne n’a d’ailleurs cherché à apporter de réponse au moyen de réintégrer toute la gauche antilibérale dans la dynamique, comme si ce n’était pas là la question principale...
En résumé... un vote a eu lieu de manière indicative (plusieurs votes pouvaient être émis) : Buffet 85 voix, Salesse 74, Autain 56, Bové 33, Braouzec 15. Plusieurs militants du PC de Haute-Vienne ont donc compris que l’affirmation à tout prix n’était pas la solution...
Reste un léger espoir (le dernier ?), que les 9 et 10 décembre, lors de la réunion nationale à Paris, un candidat vraiment unitaire soit choisi, et qu’on clarifie sans ambiguïté le rapport au PS de Ségolène Royal.
A voir !