INFOS - Actualités de la LCR87
 
 
par Nicolas VANDERLICK et Stéphane LAJAUMONT, membres de la LCR et du collectif 87 pour un rassemblement antilibéral (texte envoyé au courrier-forum de l’Echo du Centre).
 
Depuis le 29 mai 2005 et la victoire du Non au traité constitutionnel européen (TCE), la gauche de la gauche se sent pousser des ailes. En effet bien peu avaient osé rêver d’un antilibéralisme majoritaire à gauche dans les urnes. Depuis, la perspective et la nécessité de prolonger ce mouvement en 2007 se sont imposées. Les candidatures unitaires antilibérales à l’élection présidentielle et aux législatives du printemps prochain sont un outil pour y parvenir. La Vème République nous contraint à jouer la carte électorale, et particulièrement celle de la présidentielle, dont le poids médiatique est écrasant. Mais se cantonner à cette échéance ne saurait être une réponse à la hauteur des offensives patronales que nous connaissons. Ces élections ne peuvent être qu’une étape dans la constitution d’un rassemblement antilibéral de gauche, c’est-à-dire une nouvelle organisation politique de masse, pluraliste, défendant réellement les intérêts des travailleurs contre le pouvoir de l’argent.
 
L’orientation du PS et celle des collectifs sont inconciliables !
     C’est dans cette optique qu’est né le « Collectif d’initiative national pour un rassemblement antilibéral et des candidatures communes », qui aujourd’hui coordonne l’action de centaines de collectifs en France, animés par deux objectifs : l’unité et la radicalité. Les collectifs, dans leurs publications et affiches soulignent à juste titre qu’il est indispensable d’emprunter « une autre voie », celle de l’antilibéralisme, réaffirmant ainsi le rejet des politiques libérales, même autoproclamées de gauche. En ce sens, l’idée parfois avancée, notamment par quelques responsables du PCF, de « rassembler la gauche sur des bases antilibérales » ou de « changer la gauche » – c’est-à-dire de rabibocher l’existant mais sur nos positions – relève d’une simple vue de l’esprit : François Hollande se définit lui-même comme « de gauche et antilibéral » (voir Libération du 6 novembre), alors que le programme électoral du PS reste volontairement soumis à la logique du marché ! D’autre part, le point d’équilibre entre les militants et les forces politiques présentes dans les collectifs a été de dire qu’il n’y aurait pas de participation à un gouvernement dominé « par le social-libéralisme ». C’est pour lever cette ambiguïté qu’une partie des collectifs (Bouches-du-Rhône par exemple) et des forces politiques (LCR) ont demandé que figure explicitement dans le texte d’orientation le refus de toute alliance « avec le Parti socialiste », ce qui fut écarté, nous l’espérons, provisoirement. Pourtant, lors du meeting unitaire du Mans, plusieurs candidats à la candidature unitaire (voir L’Echo de la Haute-Vienne du 7 novembre) ont rappelé leur opposition à tout accord avec le PS, et ce avec l’approbation de la salle comme de la tribune. Signe que l’exigence de radicalité est forte et qu’il y a aujourd’hui deux gauches, ou du moins deux orientations inconciliables. Soit l’on tente d’adapter le libéralisme (ce que fit le gouvernement de gauche plurielle mené par Jospin, celui-là même qui privatisa plus que Balladur et Juppé réunis), soit l’on se donne les moyens de rompre avec les dogmes libéraux : c’est ce que propose le programme des collectifs adopté le 14 octobre dernier, même si le degré de redistribution des richesses peut encore être discuté.
 
Dirigeante du PCF, Marie-George ne peut pas être la candidate unitaire !
     Reste maintenant à régler la question des candidats à la présidentielle. Nous pourrions faire le catalogue des atouts de chacun des postulants. Dans l’ordre alphabétique : Autain,  Bové, Braouezec, Buffet, Salesse… tous les cinq ont des qualités et dirions-nous « les épaules assez larges » pour faire de bons candidats. Mais pour faire de bons candidats unitaires ? Rien n’est moins sûr. Marie-George Buffet, ne saurait être la candidate du rassemblement, non par ce qu’elle dit (« changer la gauche »), mais par ce qu’elle est, à savoir la numéro un d’un des partis composant cette unité). Elle ne peut être qu’une porte-parole parmi d’autres. En faire la candidate unitaire transformerait symboliquement les collectifs en dispositifs de soutien à Marie-George Buffet, donc au PCF… et la ruse de sioux de démissionner du poste de secrétaire nationale du PCF pour faire la campagne unitaire ne servirait à rien. Sans compter que cela nourrira automatiquement des soupçons de récupération politique. La conséquence d’un tel choix serait l’explosion immédiate des collectifs… Pas la désintégration pure et simple, mais l’érosion progressive avec le départ de nombreux militants des Alternatifs, des écologistes du non (AlterEkolo), de la LCR, des syndicalistes et bon nombre de citoyens non encartés mais attirés par cette dynamique unitaire. Ne resteraient alors que des noyaux n’ayant de collectifs que le nom puisque composés essentiellement de militants et de sympathisants PCF. Inutile de dire qu’à ce stade-là, la perspective de création d’une force politique antilibérale de gauche et pluraliste serait enterrée pour longtemps !
     Nous sommes peut-être aujourd’hui à la veille de construire un outil politique nécessaire pour l’ensemble de la population. Cette opportunité, offerte par la campagne référendaire de 2005, ne se représentera sans doute pas de sitôt. Alors, pour une fois, mettons notre drapeau dans notre poche. Marie-George ne peut pas faire consensus ; nous en trouverons donc un ou une autre. Il serait dommage de tout gâcher… par amour propre mal placé ou par un réflexe de fétichisme identitaire.
 
 
lundi 13 novembre 2006
Des candidatures unitaires antilibérales pour changer la gauche ou pour changer de gauche ?