Avec S.Royal, les militants socialistes ont choisi (et même à 72% en Haute-Vienne !) une candidate qui avait défendu le oui au référendum. Candidate adoubée par les sondages d’opinion, elle est appelée à représenter ce PS qui se prétend moderne parce qu’il s’adapte à l’économie de marché et à « la concurrence libre et non faussée ».
La logique du vote utile a eu raison de ses deux rivaux, D.Strauss-Kahn et L.Fabius, largement battus. Et cela d’autant plus facilement qu’ils partagent avec elle l’adhésion pleine et entière au programme social-libéral qu’ils ont voté ensemble au Mans, programme d’accompagnement du libéralisme.
Avec Ségolène Royal, affichant son admiration pour Tony Blair, les travailleurs et les classes populaires peuvent se faire du souci, à commencer par les jeunes, les enseignants et les sans-papiers. De l’encadrement militaire à « l’ordre juste » en passant par le dépeçage de la carte scolaire, les 35 heures pour les enseignants ou la régularisation au cas par cas et au compte-goutte, S.Royal se range carrément derrière les libéraux et vogue sur le terrain de Nicolas Sarkozy.
Ce choix ne peut que renforcer la nécessité d’une candidature anticapitaliste à la présidentielle de 2007, candidature ne développant aucune illusion de convertir le Parti socialiste à l’anti-libéralisme et donc clair sur le refus de toute alliance gouvernementale ou parlementaire avec le PS.